Le gros œuvre
Le terrassement
Les fouilles sont effectuées en tenant compte des points d’angles indiqués par le géomètre, en respectant les conduites situées dans le sol et les conditions de la nature du sol établies par une expertise géologique ou par sondage. Les fouilles sont exécutées mécaniquement à l’aide de pelles mécaniques (pelles à godets ou pelle en benne preneuse) et de pelleteuses-chargeuses sur pneus ou sur chenilles.
Selon les constructions, il est parfois nécessaire de travailler au marteau piqueur ou à l’aide d’explosifs. Les fouilles à la main ne s’exécutent que dans des cas très particuliers.
La terre végétale est tout d’abord soigneusement enlevée et mise en dépôt à l’emplacement prévu, séparé des autres matériaux, pour la réutilisation. La profondeur de la fouille est continuellement contrôlée à l’aide du niveau et de la latte de mesure ou du laser de topographie.
Fouille
Lorsqu’il y a suffisamment de place autour de la fouille et que le fond de fouille se trouve soit au-dessus de l’eau souterraine soit à l’abri d’une dépression d’eau souterraine, habituellement un talus est suffisant.
Pour tous les autres cas, il faut se renseigner sur les mesures de consolidation nécessaires (parois battues, ancrages, paroi berlinoise). Pour une fouille en dessous de la nappe phréatique, soit on enfonce des parois de palplanches soit on exécute des parois permanentes de fouilles (paroi moulée ou paroi de pieux etc.). Le cas échéant, il est recommandé de s’adjoindre les conseils d’un géotechnicien.
Les matériaux d’excavation inutilisés seront évacués le plus rapidement possible.
Fonds des fouilles
Les fonds des fouilles seront protégés des infiltrations et de l’ameublissement et étanchés, lorsqu’il s’agit d’un sol perméable.
Les fonds des fouilles seront correctement préparés, à savoir qu’ils devront être damés, asséchés et l’on doit pouvoir rouler avec des véhicules. Des matériaux complémentaires (gravier etc) sont amenés.
Sous certaines conditions, un abaissement particulier des eaux peut être nécessaire. Des rampes d’accès doivent parfois être aménagées, surtout lorsque de gros engins (trépans, engin de forage etc.) sont utilisés et que le transport des matériaux a lieu par camion avec des engins de chargement.
Tenue hors d’eau
La tenue hors d’eau pour garantir une fouille sèche se fait de différentes façons. Pour évacuer les eaux de surface pour cet objet, le remblayage, le drainage, les conduites de drainage et le puisard sont suffisants.
Lorsque le fond des fouilles se situe en dessous du niveau de l’eau souterraine, la « tenue hors d’eau ouverte » (accumulation de l’eau souterraine dans la fouille et pompage) ou l’abaissement de la nappe phréatique (système Wellpoint, puits filtrant etc.) seront nécessaires.
Le risque d’affaissement des constructions voisines ne doit être sous-estimé. Lors d’un sinistre, dans certains cas le ou les assureurs taxent de « négligence » la qualification professionnelle insuffisante des exécutants.
Canalisations
L’évacuation des eaux a lieu en deux étapes: En premier lieu, les fouilles en rigoles sont exécutées au niveau voulu; la pente est respectée – en tenant compte d’un éventuel lit de sable ou de gravier. Puis les tuyaux et embranchements sont posés, raccordés et cimentés.
Le plan d’évacuation des eaux indique la direction et la pente, continuellement vérifiées par contrôle de niveau. Avant d’être recouverts, la réception s’effectue par les autorités compétentes.
Les tuyaux sont fabriqués en terre cuite, en béton, en matière synthétique ou en fibrociment. Pour les canalisations extérieures, des regards de visite doivent être prévus à intervalles réguliers. Les directives de l’Association Suisse des Professionnels de l’Epuration des Eaux (ASPEE) donne des renseignements à ce sujet.
Les fondations
Les fondations représentent la partie la plus basse d’un bâtiment. Elles se basent souvent sur une expertise établie par un géotechnicien, qui comprend également des calculs de réaction au tassement de l’ouvrage par rapport aux charges prévues.
Les fondations doivent répartir les charges dans le terrain à une profondeur à l’abri du gel (min. 80 – 120 cm, plus dans les montages). L’exécution doit garantir qu’aucun dégât ne peut se produire par des tassements trop importants, ruptures du fond, glissements ou autres influences. Les cotes de hauteur pour les fondations doivent être exactement nivelées. La base est souvent formée par un damage fin ainsi que par une couche de béton maigre.
Fondations: Radier ou cuve en béton
Ce genre de fondation a également été choisi dans le cas présent, puisqu’un sol en béton devait de toute façon être exécuté pour les locaux abri et citerne, la buanderie et la cave.
Points importants à observer pour les fondations: Les eaux souterraines doivent être surveillées en permanence. Entreprendre les mesures nécessaires pour parer aux risques de ruptures de fond et de glissements (terrains en pente). Lors du coulage du béton dans le radier coffré et armé, veiller à sa qualité et plasticité et au fait qu’il soit bien vibré et ne présente pas de nids de gravier.
Semelle isolée ou semelle filante
En présence d’un fond de terrain solide, au dessus du niveau de l’eau souterraine, elles peuvent être prévues sous les murs et piliers prévus selon les plans. Ce procédé est appliqué pour des bâtiments simples, en revanche il faut veiller à prévoir les armatures nécessaires lorsque l’on peut s’attendre à un tassement irrégulier. La construction de semelles isolées ou de semelles filantes demande un gros travail.
Fondations sur pieux
Les pieux forés ou battus, dont il existe de nombreuses variantes techniques, sont nécessaires pour les fonds dont la portance n’est garantie que dans de plus grandes profondeurs.
Le plan des pieux, établi sur la base de l’examen du terrain et des charges qu’il aura à répartir ainsi que le calcul des tassements du futur bâtiment, auxquels il faut s’attendre sous ces conditions, va déterminer l’ampleur et la technique utilisée pour un pilotage. Un pieu d’examen peut être ordonné pour faire un essai de charge.
Chaque genre de construction a ses avantages et inconvénients (prix, vibrations, bruit, force portante etc.). Lors de faibles distances par rapport aux immeubles voisins, seuls les systèmes de pilotage (p.ex. pieux forés, voir image) ne provoquant que peu de vibrations devraient être mis en oeuvre. Mesurer les vibrations au préalable peut en revanche diminuer les risques de dégâts.
Malgré le fait que les techniques de construction ont fortement évolué ces dernières décennies, en Suisse, la maçonnerie se fait en grande partie manuellement. Le métier de maçon est toujours très demandé et selon les explications ci-dessous, l’on comprend qu’il doit répondre à de hautes exigences.
Travaux du maçon au rez-de-chaussée
La maçonnerie du rez est exécutée en briques de terre cuite sous forme d’une maçonnerie monolithique avec isolation extérieure.
La position des murs porteurs laisse déjà supposer la future répartition des locaux. On reconnaît l’emplacement de l’entrée, les escaliers (ils sont déjà prêts pour le montage), la cuisine avec le local de services, le WC, la salle à manger et le séjour, le bureau et les autres pièces du rez.
Du point de vue optique, tout semble encore bien petit. La couleur rougeâtre des briques et les joints au mortier ne ressemblent en rien aux murs finis, proprement crépis et lisses, de couleur claire.
Et si vous n’en croyez pas vos yeux, prenez un double-mètre et mesurez pour vous assurer que les dimensions sont exactes. De tels contrôles par le maître d’ouvrage durant tout le déroulement sont de toute manière recommandés. Et une erreur peut une fois ou l’autre se produire!
Quelques notions sur les matériaux
Bien entendu, d’autres briques conviennent aussi, p.ex. des briques silico-calcaires, briques en pierre ponce, en argile expansée, en béton poreux, briques de parement etc. Chacune a ses propriétés spécifiques.
Briques en terre cuite
Elles existent en différentes grandeurs (briques modules, normales et à face visible) et différentes qualités (normale, supérieure et spéciale). Suivant la disposition des briques, la maçonnerie est dite à appareil en panneresse, en boutisses, composé, en bloc, gothique, hollandais, de la Marche ou sauvage.
La maçonnerie en briques de terre cuite comprenant l’isolation correspondante exécutée en maçonnerie monolithe, en maçonnerie composée ou isomodule offre une bonne isolation thermique, conserve bien la chaleur et se refroidit lentement. Seule la maçonnerie exécutée soigneusement peut répondre aux exigences élevées, du point de vue physique de construction, nommées ci-dessus.
Efflorescences
La maçonnerie pose un problème particulier, à savoir les « efflorescences ». Il s’agit de dépôts blanchâtres de sels solubles à l’eau. Ils sont visibles à la surface des briques de terre cuite. L’origine des efflorescences est multiple: elles peuvent provenir des liants, des mortiers, des antigels, mais aussi de l’eau de préparation. Des sels dissous se trouvent dans presque tous les matériaux de construction. L’humidité de toute provenance, mais en particulier l’entreposage inapproprié des briques de terre cuite ou le non-recouvrement de parties terminées en briques de terre cuite peuvent provoquer la formation d’efflorescences.
Il faut donc veiller à l’entreposage parfait et sec des briques et du sable de mortier.
Lors d’une interruption des travaux, protéger les murs finis de l’eau de pluie ou de l’eau de préparation du béton. Veiller au séchage rapide. L’élimination des efflorescences se fait à la brosse à risette. Pour les cas de récidive, consulter un spécialiste.
Mortier
Le « mortier » est généralement connu du grand public. Le grand savoir-faire technique, en revanche, qui se cache derrière la préparation et l’utilisation du mortier, est moins connu des non-professionnels.
Dans la construction, le mortier a une fonction particulièrement importante. Il répartit sur les briques les forces de pression et de traction se produisant dans la maçonnerie. De l’extérieur, seuls les joints de mortier sont visibles entre les briques. La liaison entre les briques dépend de la qualité du mortier.
Les composants d’un mortier sont: le liant (ciment etc), adjuvants (chimiques), sable pour mortier de qualité garantie ainsi que l’eau de préparation qui doit répondre aux exigences en matière de propreté. Le dosage des différents composants mérite une attention particulière.
La norme SIA 215 « Liants minéraux » et la recommandation SIA V177 « Maçonnerie » contiennent les indications des exigences que le mortier doit remplir.
La préparation a lieu soit sur le chantier, où les liants, le sable et l’eau sont mélangés suivant les besoins et sur place pour être utilisés. Le mortier sec est préparé en usine suivant les mélanges préétablis. Sur le chantier, seule l’eau est ajoutée. Et il existe encore le mortier fini, fourni à partir de la centrale.
Comme pour le béton, le mortier devra éventuellement être examiné quant à sa résistance à la pression par un laboratoire approprié. Cet examen est recommandé lorsque les exigences envers resp. la maçonnerie ou le crépi sont très élevées.
Briques isolantes (briques légères)
Elles sont plus particulièrement utilisées pour de la maçonnerie à isolation thermique. Elles se composent d’argile, de glaise ou de masses argileuses avec ou sans adjonction d’agrégats légers ou expansifs, moulées et cuites.
Elles sont légères et possèdent une grande résistance à l’écrasement. Un produit provocant l’expansion, ajouté au mélange brut, libère des gaz durant la cuisson et provoque une multitude de petits pores dans les briques finies. La surface poreuse assure une bonne adhérence au crépi.
Les briques légères peuvent être sciées, fraisées, coupées et polies. La valeur de conductibilité de la chaleur correspond à celle des autres matériaux légers.
Briques silico-calcaires
En raison de leurs qualités particulières (elles répondent à de hautes exigences en matière de résistance, de protection phonique et thermique, de capacité d’accumulation de chaleur et de protection incendie), les briques silico-calcaires (voir image) sont utilisées pour les murs mitoyens.
Cette mise en oeuvre remplit non seulement les exigences de protection incendie, mais réduit notablement les bruits provenant de la maison voisine.
Plots creux ou pleins en béton léger
Ils sont composés de pierre ponce naturelle, de pierre ponce industrielle, de scories, d’argile expansive et de débris de tuiles. En raison de la grande porosité, ils ont une bonne isolation thermique. Le faible poids permet de grands formats de plots, qui sont normalisés pour les plots creux ou pleins en béton léger et ils offrent une bonne adhérence au crépi. Il existe des plots creux à double ou triple vide avec briques de parement pour des murs porteurs et non-porteurs à l’intérieur et à l’extérieur.
Les plots pleins sont des briques de murs sans vide (également striés ou perforés) complétés par des briques pleines de plus petite taille (briques monomains). Les plots pleins sont surtout utilisés pour des murs porteurs ou non-porteurs et pour des murs à colombage (plus particulièrement pour égaliser la maçonnerie de plots creux) et pour les murs de doublage.
Briques en pierre ponce
Elles sont composées de gravier volcanique très poreux. Grâce à la porosité, elles sont légères et offrent une isolation thermique élevée.
Les grandes dimensions permettent une construction rapide, économique et simple. La brique en pierre ponce peut être partagée, rainée, fraisée, les clous et tampons sont faciles à mettre en place. Elles assurent également une grande résistance au feu.
Briques en argile expansée
Elle sont fabriquées à partir d’argile sélectionnée de haute qualité. Elles sont totalement inorganiques et ne contiennent aucune substance combustible ou putréfiable.
En Europe, l’argile expansée est produite selon deux méthodes différentes. La première procédure consiste à sécher l’argile, à la moudre finement et à la granuler en bille d’argile brute. Ces billes sont ensuite cuites et expansées à 1’200 °C, sans adjonction de produits provoquant l’expansion.
La deuxième procédure consiste également à cuire à 1200 °C et à provoquer l’expansion de petites billes. Le matériau expansible passe dans un four respectant une courbe de températures déterminées, caractéristique pour la cuisson des produits céramiques.
Les granulés issus des deux procédures sont de forme ronde et ont une surface lisse de couleur brun-rouge, caractéristique nécessaire à la technologie du béton. L’intérieur des billes, de couleur gris-noir, comporte de nombreuses bulles d’air, offrant ainsi une excellente résistance à la pénétration du froid et de la chaleur.
Les granulés d’argile expansée sont aussi utilisés comme adjuvant de mortier spécial pour maçonner des briques de béton léger.
Béton cellulaire (béton de gaz)
Il est utilisé sous forme d’éléments préfabriqués ou en maçonnerie. C’est un matériau de construction inorganique, imputrescible, incombustible, offrant une grande isolation thermique, de faible poids et de dimensions exactes.
Le béton cellulaire est fabriqué en mélangeant du sable fin, du calcaire et/ou du ciment, de l’eau et un produit expansif, coulé dans des formes et amené à expansion suivant la porosité exigée. Après avoir été coupé selon les formats voulus, les produits sont durcis en autoclave sous haute pression de vapeur d’eau.
Le béton cellulaire est particulièrement facile travailler. Il peut être percé, scié fraisé et cloué. La maçonnerie en béton cellulaire se fait en plots et panneaux de construction ou en dalles – également avec rainure et languette – et en panneaux sur couche mince de mortier (joint de 1 – 2 mm).
Briques et éléments de doublage
Il s’agit de briques ou éléments posés selon les plans puis remplis de béton (image : éléments de mur de cave).
Dalle sur le rez-de-chaussée
Lorsque les murs en briques de terre cuite sont « montés » à hauteur voulue et correspondent exactement aux plans, commencent les préparatifs pour le bétonnage de la dalle sur le rez avec les balcons (coffrage, armatures, coulage du béton et décoffrage).
Elles doivent répondre, en plus de celle concernant la statique, à d’autres exigences:
Isolation phonique
Il est nécessaire de prendre des mesures contre la transmission phonique vers les pièces situées en dessus ou en dessous ou encore contre les nuisances dues au bruit à l’intérieur même de la pièce. La construction de la dalle sur les étages ainsi que le revêtement des plafonds ou sous-plafonds contribuent grandement à la diminution de la transmission phonique.
Dalles sur étages
Les dalles sur étages doivent être suffisamment isolées contre les bruits d’impact et la transmission des sons et donc soit être conçues lourdes et/ou à plusieurs couches.
Les chapes « flottantes » ou chapes sèches ainsi que les revêtements de sols en bois posés « flottants » améliorent aussi bien l’isolation des bruits d’impact que celle de la transmission des sons.
Si l’on renonce à des chapes posées « flottantes », l’isolation contre les bruits d’impact doit prévoir un revêtement de sol élastique.
Sous-plafonds souples
Ils améliorent en particulier l’isolation contre la transmission des sons. Ils réduisent également les bruits d’impact, à condition que les transmissions par voies secondaires le permettent.
La suspension à ressorts du revêtement de plafond ou du sous-plafond est particulièrement efficace, p.ex. sous forme de panneaux à crépir montés sur suspensions, de plâtre cartonné, etc. comprenant le remplissage des vides par de la laine de roche.
Ces sous-plafonds n’ont en revanche pas un effet d’absorption phonique.
Sous-plafonds à absorption phonique
Ils sont constitués de différents matériaux et systèmes, comme des panneaux de fibre minérale, panneaux perforés à cassettes, constructions en bois sculpté etc. Ils permettent d’obtenir une diminution du temps de réverbération et par la même occasion du niveau du bruit dans les pièces. Ils trouvent une application dans les pièces bruyantes, les corridors etc.
Par la diminution du niveau du bruit, c’est l’isolation phonique des locaux entre eux qui est améliorée.
Isolations sur dalle
Il s’agit des différentes couches posées sur la dalle brute (dalle d’étage) et ayant des effets phoniques. L’on différencie les chapes « flottantes », en bois ou sèches et les revêtements de sol élastiques.
Chapes « flottantes »
Elles se composent d’une plaque de sol répartissant les charges, d’au moins 35 mm d’épaisseur, posée sur une couche isolante souple d’au moins 10 mm d’épaisseur. Ces chapes améliorent l’isolation de la dalle d’étage contre le bruit d’impact et la transmission des sons: L’efficacité contre les bruits d’impact dépend en premier lieu du soin apporté à l’exécution.
Les moindres ponts phoniques (liaison fixe entre la chape et la dalle d’étage, les murs, passage de tuyaux etc) peuvent nettement diminuer le pouvoir d’isolation contre les bruits d’impact d’une dalle.
Les chapes « flottantes » ne devraient pas passer sous les doubles galandages légers, car ce fait diminue nettement l’isolation phonique de pièces contiguës (voir aussi la norme SIA 251 « Chapes flottantes »)
Chapes « flottantes » sèches
Ce genre de chapes sèches est posé de la même manière que les chapes « flottantes »; au lieu des plaques de sol, on utilise des éléments finis en panneaux de fibre ou en plâtre cartonné.
Revêtements de sol élastiques
Ces revêtements de sol n’ont un effet que sur l’isolation des dalles contre les bruits d’impact et non contre la transmission des sons. Cette dernière doit donc être déjà assurée sans ce revêtement de sol.
En plus, les revêtements de sol élastiques diminuent le bruit des pas dans la pièce même. Les revêtements de sol textiles sont particulièrement efficaces (voir aussi norme SIA 253 « Revêtements de sol en linoléum, plastique, caoutchouc, liège ou textile »).
Isolation thermique
Elle est réalisée par la protection contre le chaud et le froid des plafonds extérieurs, p.ex. sur les passages ouverts, sous des terrasses, près des balcons, des dalles sous le toit ou des plafonds intérieurs entre des pièces de température différente, p.ex. entre la cave et le rez ainsi qu’entre le dernier étage et les combles non-aménagées.
Les exigences envers la technique de thermie pour les dalles séparant des appartements sont plus élevées que celles pour les murs intérieurs. Elle doivent non seulement permettre un chauffage différent mais aussi assurer un sol à température agréable.
La température confort, à savoir le sentiment des « pieds chauds » ou des « pieds froids » propre à l’homme, résume le bien-être ou le malaise. La sensation des pieds froids est ressentie en station debout ou en marchant sur un sol à base température.
En outre, la matériau du sol joue un grand rôle. Les matériaux à grande conductibilité de chaleur, p.ex. les carrelages céramiques, sont ressentis comme étant plus froids que ceux à faible conductibilité de chaleur, comme p.ex. le parquet. Le point essentiel réside dans la quantité de chaleur retirée par le plancher.
Pour atteindre une température confort indépendamment du revêtement de sol, la température de surface du sol ne devrait pas être inférieure à 17 °C (pour une température normale des pièces d’env. 20 °C).
Pour atteindre ce but, plus particulièrement pour les dalles sur des passages ouverts etc., les coefficients de conductibilité thermique sont très élevés. Il en est de même pour les dalles inférieures de bâtiments reposant sur des piliers ainsi que pour les dalles sur des caves non-chauffées ou des caves tempérées.
L’isolation thermique supplémentaire nécessaire pour des plafonds massifs est habituellement fournie par la chape, elle aussi indispensable.
La chape « flottante » nécessaire pour des raisons d’isolation phonique offre en même temps l’isolation thermique souhaitée grâce à la couche isolante souple, ce qui suffit pour la plupart des dalles.
Pour les dalles sur des passages, des garages enterrés et des caves non-chauffées, les protections thermiques supplémentaires seront posées de préférence en dessous de la dalle.
Lorsque l’on doit renoncer à isoler la face inférieure d’une dalle de cave, il faut alors prévoir le matelas isolant souple dans la chape – en tenant compte de l’écrasement – afin que l’isolation réponde aux exigences en matière de techniques thermiques. Voir aussi norme SIA 180 « Isolation thermique des bâtiments » et 279 « Isolants thermiques ».
Solidité, protection contre l’incendie et l’humidité
Solidité
Elle est déterminée par la charge utile resp. désirée ou exigée. Des charges particulières sont à prendre en compte, comme p.ex. l’installation d’un fourneau. Un fourneau à catelles ou en pierre peut peser 4500 kg. L’ingénieur civil (de statique) doit tenir compte de ces charges prévues dans ses calculs.
Protection contre l’incendie
Les prescriptions en matière de protection incendie doivent être respectées par la mise en place de dalles resp. empêchant la propagation ou résistant au feu; il en est de même pour la mise en place des revêtements de dalles et des sous-plafonds.
Protection contre l’humidité
Une couche de protection d’étanchéité doit être prévue dans le revêtement de sol des locaux humides. Pour éviter la formation d’eau de condensation, prévoir une barrière-vapeur sous la dalle d’étage des locaux à haut taux d’humidité.
Face inférieure des dalles
Elle dépend de l’exécution de la dalle d’étage et de l’utilisation du local. Il s’agit soit d’un revêtement du plafond, soit d’un plafond suspendu ayant des qualités phoniques, thermiques ou anti-feu.
Modifications de l’utilisation des locaux
Une telle modification ou d’autres travaux de transformation peuvent provoquer une augmentation ultérieure de la charge utile.
Ce cas pourrait se présenter lorsque l’on construit de nouvelles parois de séparation dans des combles non-aménagées. L’ingénieur civil (de statique) doit vérifier les possibilités de transfert des charges sur les murs porteurs existants ainsi que la solidité de la dalle elle-même.
Systèmes de construction
Le choix de la construction doit tenir compte des exigences ci-dessus et des installations prévues, p.ex. chauffage au sol, ainsi que du temps nécessaire à la construction, des possibilités de transport et de fabrication, des coûts et év. de faits dus à des conditions particulières.
Constructions de dalles
Sont possibles les constructions suivantes: dalles en poutres de bois (également avec poutres apparentes), dalles en poutrelles d’acier, dalles massives en béton, dalles en panneaux (béton léger, béton poreux etc). Les dalles exécutées sur place ne dépendent pas de la forme du plan.
Le choix de dalles en éléments de montage est déterminé par la forme du plan et par les dimensions de ces éléments de montage.
Les éléments préfabriqués en acier ou en béton, l’exécution de surfaces de dalles en matériaux portants ou non-portants, selon le système, ne demandent pas ou peu de coffrages, diminuent l’humidité due à l’exécution et accélèrent la construction.
Dalle en béton armé
Sont possibles les systèmes suivants: dalles pleines, dalles nervurées, dalles à caissons, planchers à poutrelles avec corps creux, dalles coulées sur panneaux et dalles coulées sur tôles pliées.
Dalle en béton léger
Il existe la dalle coulée sur panneaux, sur plancher à poutrelle à corps creux ou nervurée.
Dalle en poutres de bois
Son pouvoir d’isolation thermique est habituellement suffisant. En revanche, son pouvoir d’isolation phonique est insuffisant. Les parois légères de séparation nécessitent un appui et pour cette raison, leurs assises ne peuvent être déplacées qu’avec un renforcement de construction (porteur ou poutres doubles). Les éléments finis en poutres en lamellé-collé ou en poutres en construction à corps creux se prêtent particulièrement à la réception d’autres éléments porteurs ou de panneaux à corps creux, notamment comme éléments de toiture.
La poutraison à intervalle de 70 – 85 cm est exécutée avec un remplissage (plancher enfilé ou à arêtes vives), puis recouvert de sable éteint, de gravier, de cendres de coke, de béton cellulaire, év. de débris de terre cuite.
Le sens des poutres (dites aussi solives) à l’intérieur d’une pièce devrait toujours être le même. Il en est de même pour la sous-construction du plafond. Les poutres de la dalle doivent être appuyées dans les murs à intervalles de 2 m. Les poutres entre elles devraient être raidies à l’aide de poutres d’écartement. Les extrémités de poutre doivent être protégées de l’humidité ou imprégnées et être posées « aérées ».
L’isolation phonique du bruit d’impact peut être améliorée en séparant le plancher des poutres à l’aide d’une couche isolante élastique, par l’augmentation du poids du plancher intermédiaire, par un sous-plancher souple ou par d’autres moyens à déterminer.
Quelques notions sur les matériaux
Genres de chapes
En mortier de ciment
contenant du mortier, du sable ou du sable graveleux et de l’eau comme couche intermédiaire, comme chape flottante, de qualités selon l’utilisation, év. avec armature sous forme d’une natte d’acier.
Pour augmenter la résistance à l’usure et le durcissement de la surface, les mortiers pour les surfaces utilisables contiennent des produits hydrofuges ou des adjuvants sur la base de carbure de silicium ou de coridon artificiel ou les sols recevront un apprêt.
En mortier avec plâtre anhydrite
avec liant anhydrite; le sable et l’eau sont utilisés comme liants, comme plâtre à plancher, plâtre « flottant » avec surface utilisable, év. avec vitrification
En mortier au plâtre
en plâtre maigre ou non, sable et eau, comme plâtre à plancher, plâtre « flottant » à surface utilisable, év. avec traitement particulier et adjonction de couleur ou vitrification.
En asphalte coulé
comme masse homogène et dense en poudre de pierre, sable, pierres concassées et év. gravier, liée au bitume.
Le mélange peut être coulé et étendu à chaud et ne nécessite plus d’étanchéité. Comme chape avec ou sans isolation thermique pour revêtement de sol usuel ou pour assainir des anciens planchers notamment en bois.
Pour l’adjonction des liants pour les mortiers de chapes, les dispositions de la normes SIA 215 « Liants minéraux » sont applicables.
Matériaux isolants
Ils doivent diminuer la transmission des sons pour les chapes flottantes et assurer une isolation thermique suffisante.
L’effet isolant dépend du genre et de l’épaisseur de la couche isolante. Le choix de la couche isolante est déterminée par le pouvoir isolant désiré et par la construction même de la dalle.
On utilise des matelas ou panneaux en fibres minérales ou des panneaux de mousse dure, des panneaux légers en fibres de bois ou des granulés d’isolation.
Les matelas ou panneaux d’isolation sont posés serrés bord à bord, sans recouvrement. Les isolations multicouches se posent de telle manière à ne pas avoir de joints superposés.
Pour éviter que le plancher de la chape ne pénètre dans les joints de la couche isolante, il doit être recouvert de lés de carton bitumé, de papier huilé ou d’autres lés imperméables.
Les cadres de porte, les tuyaux, les pieds de radiateurs et autres parties touchant la dalle brute devraient être isolés de la chape à l’aide de bandes d’isolations.
Chape sèche
Elle est la variante par rapport à la chape « flottante » posée avec apport d’eau. La construction est composée d’éléments secs (donc pas d’humidité supplémentaire) comme des panneaux en aggloméré, panneaux de plâtre cartonné ou plâtre avec des fibres, des éléments de parquet.
Ils sont posés « flottants » sur toute la surface, à savoir sans fixation vers le bas, sur des dalles pleines, et également sur des planchers usés ou sur un lambourdage.
Les couches intermédiaires d’isolation phonique ou thermique en granulés secs (granulés d’isolation ou de compensation) ou la couche d’isolation comprise dans les panneaux assurent l’isolation thermique nécessaire et égalisent en même temps les différences de hauteur et inégalités de la dalle. Les panneaux d’isolation sous les éléments posés à sec sont posés comme pour les chapes « flottantes ».
Une étanchéité des locaux non-excavés est nécessaire pour parer à l’humidité montante de la construction et du sol. Une barrière-vapeur doit être prévue pour les dalles sur les locaux humides.
Les joints de dilatation, courant le long des murs, permettent les variations de surface et l’aération de la sous-construction. De plus, ils évitent les ponts phoniques vers les murs.
Pour éviter les ponts phoniques, prévoir des nattes isolantes sous les lambourdes. De nombreux éléments de chapes sèches peuvent se poser sans talochage ou préparation préalable.
Balcon
Le bétonnage de la dalle d’étage comprend également l’exécution du fond du balcon à hauteur voulue, selon les plans. La plate-forme en saillie est liée à la dalle d’étage.
Variantes de sols de balcons
Ils sont exécutés avec une couche d’étanchéité et la pente nécessaire en direction de l’écoulement. Le revêtement de sol se fait avec des carreaux de céramiques, des planelles clinker ou éléments de sol, des pierres naturelles résistant au gel posées sur un lit de mortier ou de colle également résistant au gel.
Le revêtement peut aussi être prévu avec du tapis résistant aux intempéries, imputrescible et insensible aux rayons UV. Un chauffage électrique au sol permet d’utiliser le balcon même par temps plus frais.
Parapets, barrières et habillages de balcons
La conception et les couleurs de ces aménagements dépendent de l’esthétique de la façade. Des bacs à fleurs en béton sont envisageables.
Travaux de maçonnerie dans les étages supérieurs
Les travaux de maçonnerie du rez se répètent dans les étages, en respectant la répartition différente des pièces selon les plans d’exécution (murs, fenêtres et portes etc.)
Lorsque les murs des étages sont à leur tour exécutés selon les dimensions, la construction se poursuit par une étape très importante, à savoir le toit.